Le Moulin du bon sens : l'origine de Bon Sens Production
- SAS BON SENS PRODUCTION
- 15 mai
- 3 min de lecture

Avant Bon Sens Production, il y a eu un moulin. Des mains. Du bois. Du vent. Des hommes. Et surtout une rencontre fondatrice avec Bernard Garibal.
Il y a des films qui comptent plus que leur durée, leur diffusion ou leur fiche technique.
Le Moulin du bon sens fait partie de ceux-là.
À l’époque, François Sers est encore très jeune. Il filme la construction d’un moulin à vent, de A à Z, auprès du maître charpentier Bernard Garibal. Un chantier rare. Un savoir-faire presque disparu. Des pièces de bois immenses, travaillées, ajustées, démontées, remontées. Des gestes anciens, précis, transmis par l’expérience plus que par les mots. Des mots il y en avait aussi, parce que Bernard aime parler, et il parle souvent bien.

Mais ce film n’a pas seulement donné naissance à un documentaire. Il a aussi semé quelque chose de plus profond.
Le nom Bon Sens Production puise son origine dans l’univers de Bernard Garibal, et plus précisément dans le nom de sa propre structure : Les Moulins de Bon Sens. Ce nom, il ne l’avait pas choisi au hasard. Il portait une philosophie de travail, une manière de regarder le monde, de construire, de transmettre, de respecter la matière, le temps et les hommes.
Un jour, après le moulin de Durban et après le film, Bernard a dit à François quelque chose qui est resté:
« À ma retraite, tu pourras récupérer l’essence même de mon œuvre et de mon travail : le bon sens. » Cette phrase, avec le recul, ressemble à une passation.
Pas une passation administrative. Pas seulement un nom que l’on reprend. Une passation d’esprit.
Le bon sens, dans la bouche de Bernard Garibal, ce n’était pas une formule. C’était une exigence. Faire les choses correctement. Comprendre avant d’agir. Respecter les savoir-faire. Ne pas tricher avec la matière. Ne pas aller trop vite. Chercher l’utilité, la beauté, la justesse.
C’est exactement ce que le film essayait déjà de raconter.

Le Moulin du bon sens observe. Il prend le temps. Il ne cherche pas à faire du bruit autour du sujet. Il regarde les mains, les regards, les efforts, les assemblages. Il montre la lenteur nécessaire, la difficulté, l’intelligence concrète de celles et ceux qui savent faire.
À ce moment-là, Bon Sens Production n’existe pas encore sous sa forme actuelle. Il n’y a pas encore les tournages, les films institutionnels, les longs-métrages, les drones, les projets avec les collectivités ou les entreprises. Mais l’esprit est déjà là : filmer le réel avec respect, donner de la valeur aux savoir-faire, chercher l’émotion dans un geste simple, défendre une certaine idée du territoire.
Ce moulin n’est pas seulement un objet patrimonial. C’est une œuvre collective. Une machine à vent, à farine, à mémoire. Une démonstration que l’ancien n’est pas forcément dépassé, que la technique peut être belle, que l’écologie peut aussi passer par la transmission, par la réparation d’un lien avec la matière et le temps.

Le film avait touché le public. Les projections avaient réuni du monde, suscité des échanges, rappelé combien les histoires locales peuvent créer de l’attachement quand elles sont racontées avec sincérité. Et il portait aussi une voix précieuse : celle de l’explorateur Jean-Louis Étienne, ami de Bernard Garibal, qui avait accepté de prêter sa voix au film. Une présence sobre, évidente, qui donnait encore plus de profondeur à cette histoire de transmission, de vent, de matière et d’horizon.
Avec le recul, Le Moulin du bon sens ressemble à une genèse.
Il y avait dans ce film tout ce que nous continuons à chercher aujourd’hui : la patience documentaire, la mise en valeur des femmes et des hommes de terrain, la beauté d’un geste, la nécessité de transmettre, et cette intuition qu’un film peut être utile sans renoncer au cinéma.
C’est peut-être cela, le “bon sens” : ne pas courir après l’effet, mais prendre le temps de comprendre ce que l’on filme.

Des années plus tard, Bon Sens Production a grandi. Les projets sont plus nombreux, plus ambitieux, plus structurés. Mais nous gardons une fidélité profonde à cette origine. Un moulin. Des artisans. Du bois. Du vent. Des Hommes.
Et cette phrase comme une boussole :
récupérer l’essence d’une œuvre et d’un travail, pour continuer à faire vivre le bon sens autrement.